Memento mori
For dust you are and to dust you shall return.
And so they did some of my loved ones
And so will I
Can I accept just not knowing anything about the after
Can I live with the descriptions other people have made
People who do not know
Or should I enter the dark world of sleeping I have experienced
And find a glimpse there.
A life real only for me, but oh so real
Mysterious, no doubt
Controlled, not in the least
I have written a poem to my father
About him asleep because
He had expressed a fear he might not wake up one day
In the poem I said “Fear not, it is not death yet”
This summer my father died
It is death now
As he lay unconscious, this time we knew he would not wake
He sighed so expressively when Sister Jeanine, a nun, spoke to him and for him
Saying “I know what it is you want…
And you can ask for it
But God will decide.”
Yes, my father was ready and willing
Let us pray that when the time comes however early or unexpected
We shall be ready and willing.
Certaines nuits d’hiver, entre la deuxième et la troisième heure, alors que le soleil, séparé de moi par toute l’épaisseur de la terre, ne m’envoie plus à travers l’empire des ombres que des rayons noirs, je rencontre mes morts. Sur l’aire de lucidité aride créée par l’insomnie, ils forment une foule attentive et sans visage, les camarades tombés de mon enfance, les amis perdus de ma jeunesse, ceux d’avant-hier, ceux d’hier déjà.
Quelle est donc la leçon des ténèbres ? Que me veulent-elles, toutes ces silhouettes grises ? Qu’ont-elles à me souffler, ces bouches pleines de silence ? Il m’a fallu du temps pour le comprendre, pour l’accepter. Aujourd’hui, je le sais. Ils viennent me rappeler mon appartenance à leur communauté. Ils viennent me dire que je suis des leurs, et déjà mort en quelque sorte.
J’avais connu jadis une femme qui avait vécu entourée d’enfants, de petits enfants, de toute une cour familiale et affectueuse. Puis le malheur avait frappé autour d’elle avec un acharnement terrible, ayant toujours la suprême cruauté de l’épargner elle même, mais abattant à ses pieds des petits, des jeunes, tout ce qui était sa raison d’être.
Je craignais de retrouver une épave. C’était tout autre chose, le contraire en un certain sens. Elle souriait à tous, affable, attentionnée, légère, transparente, spirituelle, désincarnée. En vérité elle nous jouait une aimable comédie, mais elle n’était plus là pour personne de ce monde.
J’ai compris en la voyant qu’Ophélie n’a pas été rendue folle et suicide par l’assassinat de son père. Elle s’est simplement enfoncée avec lui dans les eaux lourdes, et seuls émergent encore ses yeux rêveurs et ses lèvres chantantes.
Etre jeune, c’est n’avoir perdu personne encore. Mais ensuite nos morts nous entraînent avec eux, et chacun est un rocher jeté dans notre mémoire qui fait baisser notre ligne de flottaison. A la fin, nous dérivons à fleur d’eau, à fleur d’existence, n’offrant plus aux vivants que juste ce qu’il faut de regards et de paroles pour leur faire croire que nous sommes de ce monde.
In Des Clefs et des Serrures
Ils viennent me dire que je suis des leurs, et déjà mort en quelque sorte.
Aujourd’hui
Je cherche un beau poème
Un poème qui parle pour moi
Qui parle d’aujourd’hui
Mais pourquoi chercher
Il est là
En moi
Le poème qui dit la joie
De la lumière d’hiver
Et la tristesse
De la mort d’un frère
Frère parce que passionné de photo
Frère parce que touché par le beau
Frère parce qu’avec un stylo
Il a charmé, enrichi, approfondi ma vie.
It was no summer progress.
A cold coming they had of it at this time of the year,
just the worst time of the year to take a journey,
and specially a long journey.
The ways deep,
the weather sharp,
the days short,
the sun farthest off (...)
Lancelot Andrewes Works, Sermons, Volume One
SERMON OF THE NATIVITY.
PREACHED UPON CHRISTMAS-DAY, 1622.
before King James, at Whitehall.
Transcribed by Dr Marianne Dorman